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L’ARAK, CET INCONNU…

Par Patrick Monsarrat

Il existe beaucoup de confusion autour du mot « arak »: l’origine, le goût et même l’orthographe varient énormément. Alors déchiffrons un peu cet alcool…

L’arak (ou araq en arabique) est un alcool distillé, transparent, non sucré (semblable au Raký Turc ou à l’ouzo grec), produit au Moyen-Orient. Le mot, d’origine arabe, signifie « sueur » ou « jus puissant ».

A ne pas confondre avec l’arrack, alcool distillé de couleur ambrée (tel rhum et whisky), à base de fruits, grains, canne à sucre ou sève de cocotier, originaire d’lnde et du Sri Lanka et, aujourd’hui, produit essentiellement en Asie du Sud et Sud-est. 

Il semblerait que l’ark ait été développé par les minorités juives et chrétiennes du Moyen-Orient. Jabir ibn Hyyan, un alchimiste du début de l’ère musulmane, inventa l’alambic, facilitant ainsi la distillation d’alcool. Mais, comme l’ Islam interdit sa consommation, les musulmans utilisèrent cette invention pour distiller des parfums et produire du khôl.

Les Arabes transportèrent l’art de produire du khôl en Espagne, puis dans le reste de l’Europe. Sur ces terres chrétiennes, l’alambic commença à distiller de l’alcool, de l’arabe « al-khol ».

Les mots, tels (al)chimiste, (al)ambic, (al)cool attestent donc de l’origine arabe.

Par la suite, ce seront les Chinois qui emmèneront le processus de distillation en Indonésie. Traditionnellement, à Bali, l’arak est produit à partir de riz ou de sève de cocotier (tuak), par les villageois. Il est aussi produit par de grosses compagnies. La qualité varie énormément, comme pour tout alcool distillé.

A Bali, les touristes dégustent deux concoctions populaires à base d’arak:

bulletArak Attack (arak et jus d’orange) et
bulletArak Madu (arak, eau, miel et une tranche de citron vert).

Les locaux n’ont aucune idée qu’il existe une autre boisson du méme nom. Ils boivent l’arak lors de combats de coqs et dans certaines cérémonies. L’arak utilisé à ces fins est de basse qualité. Celui de bonne qualité est réservé pour la commercialisation.

Traditionnellement, l’arak est versé dans un tapan (louche faite de deuille de bananier). Le disciple, ou le prétre, tient le tapan dans la main gauche et, à l’aide d’une fleur, tenue entre les doigts de la main droite, éparpille l’essence de l’arak, dans un mouvement orienté vers les dieux, un geste qui s’appale ngayabang. Le tapan passe alors dans la main droite et l’arak est versé sur le sol, comme offrande aux « bas » esprits. Cet acte s’appelle matabuh. L’arak est aussi répandu sur le sol délibérément, en honneur de Dewi Sri, la déesse du riz.

En conclusion, l’arak ne gagnera jamais de concours mais, il fait partie de la culture balinaise et contribue aussi à l’aventure de plus d’un touriste!

Attention toutefois, l’arak est une liqueur puissante à boire avec modération….