Français       Page d' entrée        English

 

Les Mystères d'Osiris


            La cité sacrée d'Osiris, Abydos se trouve à 560 kilomètres au sud du Caire et elle est surnommée

bullet soit «la Terre primordiale», ( parcequ' elle indique le début du Monde Égyptien Mythologique..)
bullet soit «la Porte du Ciel», ( car c' est la porte qui s' ouvre a la vie éternelle)
bullet ou encore l'«Île des Justes». ( puisque la pesée des âmes s' y réalisent..)

Et chaque jour ou le soleil se lève a l’ horizon, cela veut dire :

“ Une fois encore, à l'issue d'un rude combat contre les ténèbres, la mort était vaincue…” ou mieux encore  le miracle quotidien se produit «sur cette terre d'Egypte où l'homme, par la mort, est devenu immortel» (1).

            Ne s'agit-il pas de notre problème central, tellement occulté de nos jours dans un monde où la mort nous fait si peur ? Autour de ce grand passage, nos rites actuels nous paraissent dérisoires. Quant à la résurrection et à l'éternité, ne se réduisent-elles pas à des fantasmes plus ou moins folkloriques ?
            Sans aucune doute, notre civilisation est la championne dans toutes catégories de la science et de la technique. Mais, en matière de spiritualité, n'aurait-elle pas oublié le message de sa mère, c. a. d. celui de l' Egypte pharaonique ?
            Sur ce site, pendant des millénaires, furent célébrés les mystères d'Osiris. Ou plus precisement, une autre science, celle des ritualistes initiés au grand secret. Ils ne croyaient pas en Dieu, mais le vivaient et l'expérimentaient. Pas de révélation datée, pas de livre sacré dont le texte serait définitif et péremptoire, mais des «formules de transformation en lumière». Etre lumineux (akh), c'est être utile (akh). Et si nous connaissons la lumière, elle nous reconnaît aussi . (2)

            Ne convient-il pas d'interroger ces spécialistes de la vie et de la mort qui, à travers le mythe et l'enseignement osirien, ont fait des découvertes essentielles ? Telle sera ma démarche, tout au long d'une suite romanesque destinée à rappeler l'importance et l'actualité de ces mystères.
            Dans les Textes des pyramides, source de la spiritualité égyptienne, une phrase surprenante : «Etre tenu à l'écart de la mort est mauvais pour les hommes.» (3).

En effet, il existe une bonne et une mauvaise mort. Selon un superbe poème, la bonne mort ressemble à la guérison après une maladie, au retour dans notre foyer après de longues années d'exil. Symbolisée par le Bel Occident, une merveilleuse déesse présente au coeur de l'arbre de vie, elle apparaît comme «le port de celui qui est sans péché, révèle le sage Petosiris. Heureux celui qui y arrive. Personne n'y parvient, sinon celui dont le coeur a été exact à pratiquer Maât. Ici, pas de distinction entre le pauvre et le riche.» (4). Cette phrase ne nous rappelle-t-elle pas le jour du jugement dernier ou tout le monde serait egal ?


            Cette mort-là offre un jour de joie à notre ka, puissance vitale et force de création promises à une riche survie après avoir été libérées de la gangue et des limites de notre individualité périssable.
 
            Mais le processus n'a rien d'automatique, et une autre mort, destructrice, nous guette.
 Surtout, nous mettent en garde les textes, «ne pas mourir une seconde fois dans l'empire des morts !» Voilà pourquoi l'initiation aux mystères osiriens se révèle indispensable. Car Osiris a expérimenté toutes les formes de mort, et Isis a perçu, formulé et transmis le secret de la résurrection.
            Formant un couple royal exemplaire, ils enseignèrent à l'humanité les arts, les sciences, l'agriculture, le respect de la loi de Maât, créèrent les rites et la règle des temples, bref, transformèrent la barbarie en civilisation. «Maître de la totalité», «possesseur de vie», Osiris était «le perpétuel faiseur de bien». Pourtant, il déclencha la jalousie de son frère Seth, qui complota contre lui et décida de l'assassiner.
            Lucidité et réalisme de la pensée égyptienne : aucune grande oeuvre ne saurait être entreprise sans procurer haine, envie et tentative d'anéantissement. Contrairement au Christianisme, l'homme ne naît pas bon, il détourne de son sens la volonté créatrice inscrite dans la lumière de l'origine et provoque l'apparition de la mort. Celle d'Osiris prend l'aspect le plus brutal qui soit, un assassinat.
            Tuer ne suffisait pas. Il fallait aussi démembrer Osiris et disperser les parties de son corps. Ainsi serait à jamais perdu le secret de la civilisation et d'une vie harmonieuse. Ainsi régneraient la violence, l'injustice et la loi du plus fort.
            Mais une femme, Isis, refuse de se soumettre à ce malheur. Elle n'accepte pas l'inéluctable, car elle connaît les paroles des premiers sages : la mort naquit, donc elle mourra.  Donc, ici nous apprenons une chose très important : la mort est un être vivant comme nous, comme les êtres humaines. Par conséquent, c’ est un élément constitutif de l'agencement du monde, mais elle n'exerce pas une autorité suprême. Ne fut-il pas écrit que les êtres d'avant la création échappent à la mort et ne lui sont pas soumis (5) ?
            Puisque Osiris n'a pas commis le mal, pourquoi Isis ne parviendrait-elle pas à le libérer des liens du trépas ? La veuve acquiert une certitude : la mort est une maladie dont on peut guérir. Débute alors une quête longue et difficile, fondée sur une exigence : reconstituer ce qui est épars. D'abord, retrouver son mari, assembler ce que la mort croyait avoir dispersé pour toujours. Recueillant une partie du corps du pharaon Osiris dans chaque province d'Egypte, Isis, assistée de sa soeur Nephtys, dont le nom signifie «la maîtresse du temple», et du dieu Anubis à la tête de chacal, grand connaisseur des chemins de l'au-delà, procède à la première momification.


            La momie d' Osiris se présente comme la première étape de la victoire sur la mort. Il ne s'agit plus d'un cadavre mais d'un corps de lumière, support de la résurrection future. Aussi les fidèles d'Osiris passent-ils par cette momification, au cours de laquelle ils vivent une transfiguration et bénéficient d'une enveloppe protectrice, indispensable au grand voyage. La momie achevée est d'ailleurs animée puisque les ritualistes lui ouvrent les yeux, la bouche et les oreilles avant de la déposer dans un sarcophage. Ne le prenons pas pour une pierre inerte ou un «mangeur de chair morte», selon l'étymologie grecque, contresens par rapport à l'appellation hiéroglyphique neb ânkh, «le maître de la vie». A l'intérieur du sarcophage s'opère une transmutation. De plus, il joue le rôle d'une barque, apte à voguer dans l'univers. Ainsi la momie, «le corps noble», franchit-elle les frontières de l'espace et du temps.
            Et l'on peut rappeler, au passage, la question de Siegfried Morenz : «Qui dira si ce ne sont pas les momies égyptiennes qui ont inspiré au christianisme la notion de "résurrection de la chair", dont on ne peut dire qu'elle soit vétéro-testamentaire, ni chrétienne primitive, ni surtout grecque.» (6).
            «J'ai réuni Osiris, rassemblé ses membres et ses os», affirma Isis. Mais la résurrection est-elle vraiment possible ? Ce nouveau corps, à la fois si proche et si lointain de l'ancien corps de chair, reprendra-t-il effectivement vie ?
            Là encore, les Textes des pyramides ne laissent aucune place au doute : «Tu n'es pas parti mort, tu es parti vivant... Vis la vie, ne meurs pas la mort... La tombe s'ouvre pour toi, les portes du sarcophage sont tirées pour toi, les portes du ciel sont ouvertes pour toi.» Et le célèbre Livre des morts (dont le titre authentique est Livre de sortir dans la lumière) précise que la puissance divine «ouvre mes yeux qui étaient clos, étend mes jambes qui étaient repliées. J'ai de nouveau conscience grâce à mon coeur... Je revis et je suis sauvé après le sommeil de la mort.» (7). Affirmation suprême : «Tu es parti, mais tu reviendras !»

Ýci, je désire ouvrir une parenthèse :  Lors de la momification, on enlevait par  les cavités nasales, le cerveau et la cervelle du mort car pendant la période des égyptiens pharaoniques on pensait que le cerveau était sans importance et que la raison et l’ intelligence régnait dans notre coeur … Probablement, c’ est la raison pour laquelle nous gardons le secret dans l’ organe le plus précieux de notre corps c.a.d dans notre coeur..
           

Equipée de telles formules, «efficaces des millions de fois», Isis déploie le Verbe. La lumière parle, prononce en faveur du défunt la grande et parfaite parole, si fulgurante qu'elle fait jaillir un rayon de soleil, illuminant la momie.
            Pour tenter de percevoir l'union d'Isis et d'Osiris au-delà de la mort et garante de la résurrection, il faut explorer les salles secrètes d'Abydos, ou une fois encore, on découvre les scènes relatant l'acte essentiel, peut-être le seul digne de ce nom. Il conduit symboliquement, donc réellement, à la victoire de la lumière sur la mort. En se posant sur la momie, Isis n'est plus femme, mais étoile et faucon. Osiris n'est plus homme, mais corps transfiguré. Surnaturelle, céleste et stellaire, leur union engendre la vie au coeur de la mort et donne naissance à Horus, à la fois faucon cosmique dont les ailes sont à la dimension de l'univers, protecteur du pharaon et légataire d'un amour plus fort que le néant.
            Pourquoi le cacher? Contempler cet enseignement osirien, si merveilleusement traduit dans la pierre, change le regard et l'appréhension du réel. Il y a avant Abydos et après Abydos, avant cette vision et après cette vision.
            Osiris se relève et se redresse hors de la mort, sous la forme d'un pilier, le djed. Ce terme signifie «stabilité». Désormais, plus d'errances et d'oscillations entre le périssable et l'impérissable. Ce pilier devient l'axe de l'univers autour duquel tout s'organise. Le mot djed implique aussi les notions de «dire, parler, énoncer». La spiritualité  osirienne, en effet, ne se présente pas comme un mysticisme incommunicable, bien au contraire. Rappelons-nous le prologue de l'Evangile de Jean, «Au commencement était le Verbe...», adaptation d'un texte égyptien. Formuler, par l'écrit, la sculpture, la peinture ou toute autre voie artistique et artisanale, capable de transmettre le mystère sans le trahir, exprime l'essence même de la civilisation pharaonique et de l'aventure osirienne.

            En tant que pilier, Osiris incarne la colonne vertébrale de l'Egypte. Selon l'importante remarque d'Alison Roberts (8), temples, monuments, tombes, canaux, villes et tous édifices grands et petits sont construits sur Osiris. Et les Textes des pyramides révèlent : «Osiris est la pyramide.» Contempler les pyramides de Guizeh, de Dachour ou de Meïdoum dressées vers le ciel revient donc à voir Osiris sous sa forme architecturale qui, selon l'expression de Chateaubriand, a «fatigué le temps». Ces géants de pierre, édifiés avec un art inégalable et inégalé, ne sont certes pas le produit de la vanité de despotes, mais l'acte créateur de Pharaon et de son peuple, désireux d'affirmer avec un maximum de puissance leur victoire sur la mort. Osiris n'efface-t-il pas le temps ?
            Le soleil, Râ, dont le nom se compose de deux hiéroglyphes : R, la bouche, mode d'expression du Verbe ; Â, le bras tendu, symbole de l'action. Râ, le Verbe en acte, puissance créatrice fondamentale. Lui aussi me ramène à Osiris, car Râ au ciel, éblouissant de lumière, ne s'oppose pas à Osiris, gisant dans le ténébreux monde souterrain. «Râ s'accomplit en
Osiris», dit le Livre des morts, il se repose en lui, la lumière créatrice s'épanouit dans le ressuscité. Ils sont indissociables l'un de l'autre. D' Osiris, lumière secrète de la vie régénérée, surgit chaque matin un nouveau soleil.
            «Siège de l'oeil», selon l'une des significations de son nom, Osiris est le lieu spirituel où le soleil se renouvelle au cours de son périlleux voyage nocturne, peuplé de dangers mortels. Sans Osiris, clé de toute renaissance, un astre froid se lèverait à l'est et sèmerait la désolation. 
            La pleine lune ne tarda pas à briller. Osiris encore, le soleil de la nuit. La lune, symbole des métamorphoses incessantes. La mort apparente, la renaissance, la croissance, l'épanouissement, la décroissance, la quasi-disparition, le renouvellement du cycle. Un enseignement osirien si quotidien, si simple à déchiffrer que l'on y prête à peine attention. Uni au disque solaire renaissant, Osiris-lune ne forme-t-il pas l'oeil complet (l'oudjat) qui contient toutes les mesures et toutes les proportions ?
            A la fois terre et ciel, Osiris ne se contente pas de sa résidence lunaire et de sa fusion avec le soleil. Il se joint aussi aux étoiles et règne sur les impérissables, les circumpolaires, protectrices de l'axe de l'univers.
            Sur le sarcophage de Séthi Ier, père de Ramsès II et bâtisseur du grand temple d'Abydos que l'on visite actuellement, figure un remarquable Osiris : son corps forme le cercle du cosmos sur lequel il règne. Une récente étude (9) démontre l'étroite relation entre le zodiaque et Osiris. «Il est dans les dieux, écrit Sylvie Cauville, il est le Nil, il est l'Egypte, il est la vie.»

        
    Et nous, pauvres mortels, dans tout cela? Qu'Osiris soit mort et ressuscité, aucun doute. Sommes-nous capables de suivre son exemple, de reproduire l'expérience et, à notre tour, de revivre ce processus?  
            Ni la croyance ni la bonne volonté ne suffisent. Certes, comme l'indique Jan Assman, «l'autre monde, où l'homme transfiguré en dieu vivant jouira d'une vie éternelle, est le royaume d'Osiris» (10), mais la porte de ce royaume ne s'ouvre pas facilement. Osiris n'y reçoit pas tous les défunts, sans établir de distinction, par exemple, entre les sages et les criminels. Il accueille uniquement les «justes de voix».
            On ne se proclame pas soi-même juste de voix. Deux tribunaux accordent cette qualité. D'abord, un tribunal humain formé d'êtres aussi dignes et intègres que possible, à savoir les prêtres et les prêtresses d'Osiris ; ensuite, un tribunal divin présidé par Osiris, le maître de Maât, à la fois justesse, justice, harmonie de l'univers et règle de vie. Cette assemblée ignore l'indulgence, voit notre existence en un instant et scrute la totalité de nos actes, placés en tas à côté de nous.
            Certaines fautes sont impardonnables, tels l'avidité, le crime, la pratique du mal, la maltraitance des animaux, la violation des préceptes rituels, la non-assistance aux pauvres, aux faibles et aux démunis. A nous de préférer la vérité au mensonge, la justice à l'injustice, la lumière aux ténèbres. Faire le bien ne se réduit pas à la morale; c'est surtout construire, à l'instar du pharaon bâtisseur, dans quelque domaine que ce soit et de quelque manière que ce soit.
            Survient l'instant décisif : la pesée de notre coeur devant Osiris. Une seule question se pose : sera-t-il aussi léger que la plume d'autruche de la déesse Maât, ou bien lourd d'actes disharmonieux? Le tribunal du grand dieu ne pratique pas le pardon des offenses et n'éprouve aucune compassion envers les criminels. Remords et regrets sont vains, la sentence ne saurait être mi-figue mi-raisin. Soit, par nos actes, nous nous sommes nous-mêmes condamnés à la seconde mort, et la Dévoreuse, un monstre hybride, nous absorbera, telle une broyeuse écologique. Soit nous serons reconnus justes de voix, vainqueurs de la mort perpétuellement avide, et nous monterons au ciel en utilisant de multiples vecteurs, tels un rayon lumineux, une échelle gigantesque, une pyramide, une fumée d'encens, le corps d'une hirondelle.

«Au ciel, on vit; sur terre, on existe.»

La déesse Ciel, Nout, fait monter vers elle Osiris et ses fidèles, et les conduit dans la contrée de lumière où ne sévissent ni la peur ni les querelles. Aucun statisme, car le voyage de l'âme, la découverte des paradis et les mutations sont incessantes.
            Peut-on se préparer à cette redoutable épreuve ? Oui, en s'initiant aux mystères d'Osiris, répondent les anciens Egyptiens, autrement dit en pénétrant leur signification. En Abydos, ils revêtaient deux aspects complémentaires : une cérémonie se déroulant sur l'ensemble du site et des rituels secrets réservés à un petit nombre d'hommes et de femmes. La cérémonie voyait les Suivants d'Osiris porter la barque du dieu et le mener à sa demeure d'éternité. Les confédérés de Seth ne l'entendaient pas de cette oreille et lançaient une attaque, heureusement brisée. Le chemin dégagé, on proclamait la victoire d'Osiris auquel succédait son fils Horus, chargé de maintenir l'harmonie sur terre. Lutte incessante, jamais terminée, même au coeur d'un espace sacré. Au terme de ce triomphe, l'initié pouvait monter dans la barque qu'avait construite la lumière, y manier les rames et parcourir les paradis. Encore fallait-il qu'une longue expérience spirituelle ait transformé le voyageur de l'invisible en être de lumière. Tel était précisément le but des rites accomplis à l'intérieur du temple que nous ne pouvons décrire ici en détail.

            Thème central: la transmutation de la matière en esprit

bullet à travers celle de l'orge en or, (inquant la période d’ Osiris Dieu de la Terre)
bullet de la statue en pierre vivante, ( inquant la période d’ Osiris dans la sarcophage )
bullet de la formule rituelle en parole de puissance ( inquant la période d’ Osiris dans l’ Au-delà ).

Le corps osirien se composait de métaux purifiés et transmutés, eux-mêmes nés des étoiles. Ainsi était affirmée l'origine céleste de l'être. L'astrophysicien Fred Hoyle ne pensait-il pas que la vie provient de l'espace? Ne voyons – nous pas les mêmes étoiles au plafond de Notre Temple s’ allongeant a Zenith ? Nos bijoux ne vous révèlent – ils pas le corps osirien compose de métaux purifies et transmutes ?
            Si le site d'Abydos n'avait pas été ravagé par des pillards de diverses origines, nous y verrions encore le bois sacré ombrageant la tombe d'Osiris et le grand acacia où s'unissaient la vie et la mort,  le grand acacia qui indiquait la tombe de Hiram… Recouvert d'or, il plongeait ses racines dans l'océan d'énergie, source de toutes les formes d'existence, et procurait aux justes de voix l'eau de régénération. Eau pure se régénérant elle-même et garantissant la survie, le fluide osirien maintient la cohérence indispensable entre les éléments constitutifs de la vie.
            L'eau, ce miracle quotidien que nous ne saurons peut-être pas préserver, Osiris en détient le secret. Son fluide vital s'exprimait notamment par la crue que contrarie aujourd'hui le grand barrage d'Assouan. Et l'on célébrait aussi le dieu ressuscité sous la double forme du pain et du vin, symbolique dont s'inspira le christianisme.
            Rentrant dans la nuit et le silence, le temple d'Osiris continue à fonctionner de lui-même hors de la présence des mortels. Les bas-reliefs s'animent, les hiéroglyphes célèbrent les rites, le mystère s'accomplit et se perpétue.
            Jadis, autour du sanctuaire, pas de cimetière, mais des stèles rappelant le nom des fidèles d'Osiris. Dispersées dans le monde entier, beaucoup sommeillent en exil dans les réserves des musées. Ici, lorsque régnait le ressuscité, pas de pèlerinages bruyants et démonstratifs. Dans cette nécropole sans cadavres s'unissaient les âmes des justes de voix grâce à des monuments transfigurés.
           

Pourquoi la mort?

Parce qu'elle est une porte donnant accès à une autre forme de réalité, répond l'enseignement osirien. A condition de ne pas «mourir la mort», de pratiquer la rectitude et de connaître les formules de passage, un être nouveau apparaît. Et, surtout, il devient une nouvelle source de vie.

            Selon le chapitre 175 du Livre des morts, notre univers périra et retournera dans l'océan des origines. Rien ne subsistera, à l'exception d'Osiris puisqu'il est devenu, en totalité, «esprit lumineux». Et le philosophe néoplatonicien Jamblique d'ajouter que si la puissance bénéfique d'Osiris demeure intacte et pure les parties du Tout demeurent en ordre.

            Les mystères d'Osiris ne restent-ils pas un repère vital pour quiconque, aujourd'hui comme hier ?

            Les mystères d'Osiris ne se posent – ils pas les questions essentielles que nous nous posons dans Notre Art Royal?  

            Ma réponse est Si , Si n fois.. C’ est pourquoi je m ‘ intéresse tant aux mystères ou plutôt a la philosophie osirienne.. et je tache d’ en déduire tant que je peux tout en étant un simple vivant..

 

Ahmet Girgin
22 Novembre 2003

 

Bibliographie : 

  1. Claude Aveline, la Promenade égyptienne, Paris (Emile-Paul), 1934
  1. Les mystères d'Osiris, Christian Jacq, Le Figaro Magazine, 13 – 20 Septembre 2003, pp 42 -51
  1. Textes des pyramides, 1439 c. Sur I’ensemble de ce corpus, voir C. Jacq, la Tradition primordiale de I’Egypte ancienne, selon les “Textes des pyramides” Paris (Grasset), 1998
  1. Traduction de Gustave Lefebvre.
  1. Textes des pyramides, 1467a.
  1. Siegfried Morenz, la Religion égyptienne, Paris (Payot), 1962, p. 273
  1. Livre des morts, chapitres 26 et 41
  1. My Heart my Mother, Rottingdean (East Sussex), 2000, p. 34
  1. Sophie Cauville, le Zodiaque d’Osiris, Louvain (Peeters), 1997
  1. Jan Asman, Maat, I’Egypte pharaonique et I’idee de justice sociale, Fuveau (Editions de la Masion de Vie), 1999, p. 73